Dossier

 
L’urgence de rendre à la Nièvre son attractivité...
 
Février 2006

 

Alors que sur le papier la Nièvre dispose de sérieux atouts, au premier rang desquels son positionnement géographique, l’immobilisme socialiste nous condamne à subir le déclin de notre départemental. Le manque d’initiatives de nos élus est chaque jour un peu plus consternant.

Nous avons choisi de nous intéresser à deux aspects, certes bien distincts mais pas si éloignés, à la fois témoins et causes du manque d’attractivité de notre département : le manque d’offres de formation et l’enclavement.

Ces deux dossiers sont à eux seuls suffisants pour révéler l’incapacité et l’absence de volonté de la gauche à donner une dynamique à notre département.
Enclavée, sans politique volontariste en faveur du secteur privé, la Nièvre ne peut retenir ses jeunes car à 20 ans on rêve d’ascension sociale et de dynamisme. Et imperceptiblement, en perdant ces forces vives, nous perdons non seulement des consommateurs qui ont encore tout à construire, mais aussi de futurs chefs d’entreprises, des créateurs, …. Dans ce cercle vicieux c’est toute l’économie du département qui est en jeu.

« La remise en cause est une expression inconnue. L’on préfère la disparition à l’évolution. »

Nos élus de gauche préfèrent s’entourer de syndicalistes et chercher sans cesse un bouc émissaire au niveau de l’État. Ils s’indignent des mesurettes « libérales » du gouvernement, pourtant bien insuffisantes. Mais en quelques décennies de pouvoir absolu, quel bilan peut-on tirer du développement de Nevers et des communes avoisinantes ? Comme à l’heure soviétique, la remise en cause est une expression inconnue, l’on préfère la disparition à l’évolution.

Rendre enfin son attractivité à la Nièvre est l’axe prioritaire qui devrait guider tout projet politique. Ignoré jusqu’à ce jour, cet axe, nous le placerons au cœur des débats en 2007 et 2008.

 

 ÉCONOMIE - A77 : La poursuite du désenclavement au point mort

Notre Conseil Général à beau jeu de rappeler en toute lettre sur son site, dans le chapitre économie : « La Nièvre, une position privilégiée au centre de la France et à proximité de Paris ». Encore faut-il faire cette affirmation géographique une réalité économique. Et aujourd’hui, nous sommes une nouvelle fois au point mort.

Depuis l’achèvement des liaisons Paris-Cosne sur Loire en autoroute concédée, c'est à dire à péage, et Cosne-Nevers, les travaux d’aménagement de la RN7 font du sur-place. Devant à terme relier Cosne à Balbiny, dans la Loire, et effectuer la liaison entre A6 et A89 (Clermont-Ferrand Lyon) la transformation des RN 7 et 89 en route express 2x2 voies est quasiment paralysée. Sur les 241,9 km de l’itinéraire, seuls 103,9 km ont été réalisés à ce jour. Il y a pourtant urgence à terminer la modernisation de cet axe vital à la survie économique des départements et bassins d’emploi qu’il traverse (Nièvre, Allier et Loire).

« L’A77 est un élément indispensable de la migration économique »

Pour Jean-Bernard Devernois, vice-président industrie de la CCI du Roannais et Président de l’association « La N7 à 4 voies… vite », l’achèvement de la liaison est « une urgence et une priorité » car c’est « l’attractivité des territoires qui est en jeu ». Outre les gains de temps et la sécurisation du trafic dont profiterai tous les usagers, c’est également les gains en matière de coût de transport qui rendent les entreprises impatientes. En effet, d’après Jean-Pierre Rossignol, Président de la CCI de la Nièvre, « sur route normal, le coût de transport est supérieur de 25% par rapport à une 2x2 voies ». Axe Nord-Sud incontournable, pour M. Rossignol « L’A77 est un élément indispensable de la migration économique ».

Le monde agricole est également très attentif à l’évolution du dossier et voit en l’autoroute un atout pour le tourisme rural ainsi que pour le commerce, notamment concernant la vente de bovins à destination de l’Espagne. Pour le Président de la chambre d’agriculture de la Nièvre, M. Jean Adam, « l’autoroute doit avoir sa continuité sinon elle perd de sa valeur (…) il ne faut donc pas laisser dormir le dossier».

Sur l’ensemble du tracé, se sont en tous 45000 entreprises qui sont concernées. Gageons que les travaux reprennent au plus vite et que l’objectif d’une mise en service totale en 2012 souhaitée par les associations de soutient à l’A77 puisse être tenu….

Cependant, encore une fois, c’est la volonté politique qui prévaut pour de tels chantiers. En la matière il est bon de rappeler que Nevers n’est toujours pas relié correctement à notre capitale régionale : Dijon.

 

  ÉDUCATION - La Nièvre : terre d’émigration pour ses bacheliers

« Les Nivernais vont voir ailleurs » titrait le Journal du Centre (02/12/05) à propos du manque d’attractivité de notre région et de notre département mis en évidence par une enquête du Service Académique d’Information et d’Orientation de Dijon. Menée auprès des bacheliers 2004, cette étude révèle qu’à peine un jeune nivernais sur deux (49.8%) poursuit son cursus en Bourgogne. Ils ne sont que 24.8 % à poursuivre leur formation à l’intérieur du département.

La plupart des bacheliers quittant la Nièvre rejoignent Dijon (19.7%) ou Clermont-Ferrand (16.9%) et dans une plus faible proportion le Cher (4.4%), l’Allier (4.4%) ou l’Île-de-France (3.9%).

Parmi l’ensemble des bacheliers quittant l’académie, plus de la moitié le font car la formation qu’ils recherchent n’y est pas dispensée ou pour des raisons de notoriété des formations ou des établissements (respectivement 33.2% et 21.6% des cas). Ils sont 30% à changer d’académie pour des raisons de proximité.

Ces conclusions pointent une nouvelle fois les défauts de l’offre de formation dans notre région et plus encore dans la Nièvre.

Pourtant les souhaits ou bonnes intentions n’ont pas manqué, mais l’absence d’un tissu économique solide, l’inexistence d’une citée attractive et correctement reliée aux capitales régionales et à l’Île-de-France ont eu raison de tous ces efforts. Pour illustrer ces propos il nous suffit regarder ce qu’est l’école d’ingénieurs dédiée à l’automobile : l’ ISAT. Créée en même temps que le projet pharaonique du circuit de Magny-Cours, cette formation devait s’appuyer sur le développement d’un pôle économique complet lié au sport mécanique et à l’industrie automobile. Cependant, faute d’attractivité de notre département, ce pôle n’a jamais pris son essor et l’ISAT se trouve aujourd’hui être une formation d’ingénieurs quasi inconnue du monde du recrutement et dont les élèves quoiqu’il arrive sont voués à quitter la Nièvre. Quel est donc l’intérêt pour de brillants candidats aux écoles d’ingénieurs à venir à Nevers ?

La voici donc cette Nièvre incapable d’offrir des parcours d’excellence à ses jeunes, faute d’avoir su miser sur le développement du secteur privé.

 

Gabriel RICHERT

Secrétaire général MPF Nièvre