Alors
que sur le papier la Nièvre dispose de sérieux atouts, au
premier rang desquels son positionnement géographique,
l’immobilisme socialiste nous condamne à subir le déclin de
notre départemental. Le manque d’initiatives de nos élus est
chaque jour un peu plus consternant.
Nous avons choisi de
nous intéresser à deux aspects, certes bien distincts mais pas
si éloignés, à la fois témoins et causes du manque
d’attractivité de notre département : le manque d’offres de
formation et l’enclavement.
Ces deux dossiers sont
à eux seuls suffisants pour révéler l’incapacité et l’absence de
volonté de la gauche à donner une dynamique à notre département.
Enclavée, sans politique volontariste en faveur du secteur
privé, la Nièvre ne peut retenir ses jeunes car à 20 ans on rêve
d’ascension sociale et de dynamisme. Et imperceptiblement, en
perdant ces forces vives, nous perdons non seulement des
consommateurs qui ont encore tout à construire, mais aussi de
futurs chefs d’entreprises, des créateurs, …. Dans ce cercle
vicieux c’est toute l’économie du département qui est en jeu.
« La remise en cause est une expression inconnue. L’on
préfère la disparition à l’évolution. »
Nos élus de gauche
préfèrent s’entourer de syndicalistes et chercher sans cesse un
bouc émissaire au niveau de l’État. Ils s’indignent des
mesurettes « libérales » du gouvernement, pourtant bien
insuffisantes. Mais en quelques décennies de pouvoir absolu,
quel bilan peut-on tirer du développement de Nevers et des
communes avoisinantes ? Comme à l’heure soviétique, la remise en
cause est une expression inconnue, l’on préfère la disparition à
l’évolution.
Rendre enfin son
attractivité à la Nièvre est l’axe prioritaire qui devrait
guider tout projet politique. Ignoré jusqu’à ce jour, cet axe,
nous le placerons au cœur des débats en 2007 et 2008.
ÉCONOMIE -
A77 : La poursuite du désenclavement au point mort
Notre Conseil
Général à beau jeu de rappeler en toute lettre sur son site,
dans le chapitre économie : « La Nièvre, une position
privilégiée au centre de la France et à proximité de Paris ».
Encore faut-il faire cette affirmation géographique une réalité
économique. Et aujourd’hui, nous sommes une nouvelle fois au
point mort.
Depuis l’achèvement
des liaisons Paris-Cosne sur Loire en autoroute concédée, c'est
à dire à péage, et Cosne-Nevers, les travaux d’aménagement de la
RN7 font du sur-place. Devant à terme relier Cosne à Balbiny,
dans la Loire, et effectuer la liaison entre A6 et A89
(Clermont-Ferrand Lyon) la transformation des RN 7 et 89 en
route express 2x2 voies est quasiment paralysée. Sur les 241,9
km de l’itinéraire, seuls 103,9 km ont été réalisés à ce jour.
Il y a pourtant urgence à terminer la modernisation de cet axe
vital à la survie économique des départements et bassins
d’emploi qu’il traverse (Nièvre, Allier et Loire).
« L’A77 est un élément indispensable de la migration
économique »
Pour Jean-Bernard
Devernois, vice-président industrie de la CCI du Roannais et
Président de l’association « La N7 à 4 voies… vite »,
l’achèvement de la liaison est « une urgence et une priorité »
car c’est « l’attractivité des territoires qui est en jeu ».
Outre les gains de temps et la sécurisation du trafic dont
profiterai tous les usagers, c’est également les gains en
matière de coût de transport qui rendent les entreprises
impatientes. En effet, d’après Jean-Pierre Rossignol, Président
de la CCI de la Nièvre, « sur route normal, le coût de transport
est supérieur de 25% par rapport à une 2x2 voies ». Axe Nord-Sud
incontournable, pour M. Rossignol « L’A77 est un élément
indispensable de la migration économique ».
Le monde agricole est
également très attentif à l’évolution du dossier et voit en
l’autoroute un atout pour le tourisme rural ainsi que pour le
commerce, notamment concernant la vente de bovins à destination
de l’Espagne. Pour le Président de la chambre d’agriculture de
la Nièvre, M. Jean Adam, « l’autoroute doit avoir sa continuité
sinon elle perd de sa valeur (…) il ne faut donc pas laisser
dormir le dossier».
Sur l’ensemble du
tracé, se sont en tous 45000 entreprises qui sont concernées.
Gageons que les travaux reprennent au plus vite et que
l’objectif d’une mise en service totale en 2012 souhaitée par
les associations de soutient à l’A77 puisse être tenu….
Cependant, encore une
fois, c’est la volonté politique qui prévaut pour de tels
chantiers. En la matière il est bon de rappeler que Nevers n’est
toujours pas relié correctement à notre capitale régionale :
Dijon.
ÉDUCATION - La Nièvre : terre d’émigration pour ses bacheliers
« Les Nivernais
vont voir ailleurs » titrait le Journal du Centre (02/12/05) à
propos du manque d’attractivité de notre région et de notre
département mis en évidence par une enquête du Service
Académique d’Information et d’Orientation de Dijon. Menée auprès
des bacheliers 2004, cette étude révèle qu’à peine un jeune
nivernais sur deux (49.8%) poursuit son cursus en Bourgogne. Ils
ne sont que 24.8 % à poursuivre leur formation à l’intérieur du
département.
La plupart des
bacheliers quittant la Nièvre rejoignent Dijon (19.7%) ou
Clermont-Ferrand (16.9%) et dans une plus faible proportion le
Cher (4.4%), l’Allier (4.4%) ou l’Île-de-France (3.9%).
Parmi l’ensemble des
bacheliers quittant l’académie, plus de la moitié le font car la
formation qu’ils recherchent n’y est pas dispensée ou pour des
raisons de notoriété des formations ou des établissements
(respectivement 33.2% et 21.6% des cas). Ils sont 30% à changer
d’académie pour des raisons de proximité.
Ces conclusions
pointent une nouvelle fois les défauts de l’offre de formation
dans notre région et plus encore dans la Nièvre.
Pourtant les souhaits
ou bonnes intentions n’ont pas manqué, mais l’absence d’un tissu
économique solide, l’inexistence d’une citée attractive et
correctement reliée aux capitales régionales et à
l’Île-de-France ont eu raison de tous ces efforts. Pour
illustrer ces propos il nous suffit regarder ce qu’est l’école
d’ingénieurs dédiée à l’automobile : l’ ISAT. Créée en même
temps que le projet pharaonique du circuit de Magny-Cours, cette
formation devait s’appuyer sur le développement d’un pôle
économique complet lié au sport mécanique et à l’industrie
automobile. Cependant, faute d’attractivité de notre
département, ce pôle n’a jamais pris son essor et l’ISAT se
trouve aujourd’hui être une formation d’ingénieurs quasi
inconnue du monde du recrutement et dont les élèves quoiqu’il
arrive sont voués à quitter la Nièvre. Quel est donc l’intérêt
pour de brillants candidats aux écoles d’ingénieurs à venir à
Nevers ?
La voici donc cette
Nièvre incapable d’offrir des parcours d’excellence à ses
jeunes, faute d’avoir su miser sur le développement du secteur
privé.
Gabriel RICHERT
Secrétaire général MPF Nièvre
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