Le
coup est dur pour Château-Chinon et les 95 employés de Dim qui
verront leur usine fermer ses portes courant 2007. Implantée
dans la sous préfecture depuis 45 ans et ayant compté jusqu’à
prés de 500 salariés, l’usine appartenant au groupe DMapparel
(marques Dim et Playtex) est le seul site industriel de la
ville. Une véritable catastrophe pour cette région, qui comme le
reste de la Nièvre est déjà économiquement sinistrée.
Ce cas n’est
malheureusement pas isolé dans notre département. Un peu plus au
Sud, se sont 75 employés de Faurecia Cercy-la-Tour qui vont être
licenciés. Quant à l’agglomération neversoise, elle est
également fortement touchée. A la fermeture de Facom -
Saint-Eloi et ses 124 licenciements, s’ajoute les réductions
d’effectif à Look Fixation (67 personnes) et à Euro auto Hose
(48 personnes) ; entreprise dont l’avenir est par ailleurs très
incertain et laisse craindre une fermeture prochaine. Cette
énumération n’est malheureusement pas exhaustive…
600 emplois détruit en
six mois
Au final ce sont
prés de 600 emplois qui, en l’espace de six mois, sont détruits
dans notre département, et de nombreux éléments laissent
craindre un allongement de la liste. Un drame économique et
social de forte ampleur qui semble prendre au dépourvu nos élus
locaux mais qui était pourtant prévisible de longue date.
La réponse de Christian Estrosi, aux élus
accusant socialistes niver-nais attaquant le
gouvernement.
« Ces élus [qui attaquent le gouvernement] préfèrent
faire dans l’agitation et la politique politicienne,
tout ça pour aller chercher de voix. […]
Quand on a de la maturité politique, on discute
autour d’une table pour trouver des solutions, on ne
fait pas dans l’agitation gratuite. […]
Il y a des difficultés […] Mais ces élus ne
cachent-ils pas leur impéritie ? Quelles ont été
leurs initiatives ? Ont-ils pris des initiatives
innovantes ? Ce n’est pas en hurlant et en faisant
croire que l’État ne fait rien et n’assume pas que
les choses avancent. […]
Les socialistes se complaisent dans une attitude
dogmatique et attendent que l’État apporte toutes
les solutions.[…]
[Ce] n’est pas à l’État de prendre des initiatives à
la place des élus. »
Christian Estrosi,
Ministre délégué à l'Aménagement du Territoire,
suite aux déclarations de certains élus socialistes
nivernais accusant l’État d’inaction. |
Il traduit
l’échec cuisant de plusieurs décennies de gestion socialiste qui
ont laissé la Nièvre exsangue. En effet, la Nièvre perd en
moyenne 300 emplois industriels par an, selon l’association
départementale de développement économique Fibre active, sans
que les embauches dans le secteur des services ne parviennent à
combler ce déficit. La vieille logique consistant à tout
attendre de l’État et de quelques grands groupes industriels
multinationaux demeure l’unique cadre de raisonnement d’une
grande part des élus de gauche.
Les dernières
déclarations de certains, et notamment de Didier Boulaud,
vociférant contre l’État, accusé d’être incompétent dans
l’aménagement du territoire et de laisser mourir la Nièvre, en
ont été la preuve flagrante. La réponse du Ministre délégué à
l’aménagement du territoire, M. Estrosi, ne s’est pas faite
attendre. Invitant ces élus à s’ouvrir au dialogue, le ministre
a rappelé dans une interview au Journal du Centre que si
malgré les subventions nationales le tissu économique local
était exsangue, ce n’est pas le fait de l’État mais bien des
élus locaux qui ont la responsabilité de conduire son
développement. Et de s’interroger sur le bien fondé du choix
fait en 1990 par la Gauche d’accorder une subvention d’un
milliard de francs pour le circuit de Nevers-Magny-Cours, qui ne
fut peut-être pas « le plus raisonnable et attractif pour donner
de l’activité douze mois sur douze ».
Déclaration à laquelle
on ne peut bien sûr que souscrire même s’il faut rappeler la
responsabilité que porte l’État au plan national dans la
déliquescence de notre tissu économique. A l’intérieur en
asphyxiant nos entreprises par une fiscalité engendrant un coup
du travail prohibitif et, à l’extérieur, en poussant la France
dans l’abîme mondialiste par l’adhésion inconditionnelle à la
politique d’abolition des frontières ordonnée par Bruxelles.
Rappelons à ce titre le vibrant engagement de Messieurs Boulaud
et Gorce, et de bien d’autres socialistes, en faveur de
l’ultra-libérale Constitution européenne au printemps dernier
lors de la campagne référendaire. Critiquaient-ils alors les
pouvoirs exorbitants de Bruxelles en matière de TVA, de
législation agricole, de
dumping social, etc. ?
Mais au-delà d’un
contexte national défavorable, commun à tous les départements
Français, certains savent construire l’avenir et d’autres non.
Comment expliquer la médiocrité du bilan économique de la Nièvre
si ce n’est par celle de sa gestion ? Dans le classement des
départements Français (voir page 8), réalisé par
l’Express en mai, la Nièvre est 92e
sur le plan du dynamisme économique. A titre d’exemple la Vendée
occupe la première place alors qu’il s’agissait, il y a encore
quelques décennies, d’un département d’une grande pauvreté.
La mobilisation des
élus est déterminante pour un département
Peut-on
expliquer cette réussite autrement que par le travail de
responsables politiques aux compétences exemplaires, qui ont su
donner une attractivité et un dynamisme puissant à leur
département ? Ceux-ci se sont mobilisés à chaque instant pour
son développement, obtenant des autoroutes, créant des
infrastructures de qualité et menant une réflexion continue pour
trouver des solutions innovantes.
Ce n’est, à
priori, pas la démarche adoptée dans la Nièvre. En matière
d’emploi « les solutions existent et elles donnent des
résultats, mais encore faut-il que les élus agissent » fait
remarqué M Estrosi, rappelant n’avoir jamais été « sollicité
pour essayer de trouver des solutions » ni même « contacté pour
mettre en place un plan de reconversion ».
Évidemment, face
à un bilan départemental aussi désastreux, les responsables
préfèrent chercher des coupables extérieurs, notamment le
gouvernement. Sous les gouvernements socialistes successifs, ces
élus « d’influence » auraient dû exiger plus ardemment un plan
de désenclavement du département. Qu’ont-ils fait ? Ce sont
pourtant les mêmes qui, il y a peu, fêtaient avec faste la
mémoire de François Mitterrand, maître de Château-Chinon. Après
deux septennats, qu’a-t-il laissé à la Nièvre ? Aujourd’hui
encore, rien ne nous relie facilement à Dijon, à Bourges, à
Clermont-Ferrand ou à Auxerre. Château-Chinon est sur le
déclin, coupé du pays et de toute dynamique économique. Dim s’en
va sans remplaçant.
Le désenclavement
n’est malheureusement qu’une des nombreuses actions à mener. Il
est urgent de revoir la fiscalité à la baisse, de tisser des
liens forts avec les créateurs d’entreprises, de les inciter à
venir, y compris financièrement. Il faut capter les jeunes
entrepreneurs qui fourmillent au sein des associations et club
des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs. C’est aussi de
la responsabilité de nos élus d’aller parler de la Nièvre en
termes aimables au sein de ces établissements. Rappelons
aujourd’hui qu’un créateur a le choix entre l’ensemble des
départements français, mais aussi l’Angleterre, l’Irlande… et
qu’il choisira le lieu lui permettant la réussite de son
entreprise.
La Nièvre possède
aussi l’atout du tourisme vert, il faut mettre en valeur le
patrimoine immensément riche qui la compose. Parc naturel du
Morvan, lieux historiques, châteaux sont autant de lieux à
mettre en valeur.
Alors, on est loin du
compte ! Marcel Charmant s’émeut à juste titre des licenciements
qui frappent le département, mais dans le même temps, rappelons
qu’une hausse de la fiscalité locale de 9,87% a été votée par le
Conseil Général et que seuls 3,18% du budget principal sont
inscrits au titre du développement économique du département,
laissant une fois encore la part belle aux actions sociales,
sportives ou de jeunesse.
Il est plus que temps
de rompre avec les vieux schémas socialistes. Votre avenir
dépend de ce que vous saurez attirer les PME et PMI, les
micro-entreprises, celles qui aujourd’hui forment l’essentiel du
tissu économique français et qui sont créatrices d’emplois.
Gabriel RICHERT
Secrétaire général MPF Nièvre