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Dossier |
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Rendre son attractivité à Nevers avant qu’il ne soit trop tard |
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| Décembre 2006 - Par Gabriel RICHERT, Secrétaire général du MPF Nièvre | |
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En janvier 2005, le magazine Le Point publiait le « Palmarès des villes où l’on vit le mieux », portant sur cent des plus importantes villes de l’Hexagone, le verdict était alors implacable pour Nevers, condamnée à la 99e et avant dernière place. Un classement pour lequel le nombre d’habitant n’était pas déterminant puisque de nombreuses villes de taille comparable à la Cité Ducale affichaient de très bons résultats (Niort, 12e ; Rodez, 22e ; Cholet, 27e ; Laval, 31e…). A proximité immédiate, Bourges était classée 36e. Or, si ce palmarès été réédité demain, il est à craindre que le Cité Ducale ne puisse prétendre à une meilleure place. Nous avons donc choisi en cette fin d'année 2006, de dresser un état des lieux de l’agglomération neversoise et de dégager les grands axes qui structureront le projet que le MPF proposera lors des prochaines échéances électorales, pour rendre ses couleurs à la capitale du Nivernais.
► Un dynamisme entrepreneurial insuffisant L’agglomération neversoise souffre d’un dramatique manque d’attractivité et de dynamisme, conséquence de trop nombreuses années de mauvaise gestion. La crise du tissu industriel et entrepreneurial local en est une tragique conséquence, source de chômage et de précarité pour les Nerversois. Comme le soulignait Le Point en février 2005, si le taux de chômage à Nevers et en Nièvre se situe dans la moyenne nationale, « [cela] s'explique plus par la faiblesse de la démographie et le vieillissement de la population que par la bonne santé de l'économie locale ». Ajoutons qu’il doit aussi énormément à l’emploi public... Une "chance" car à Nevers, le nombre d’entreprises pour 1000 habitants et le taux de création d’entreprises (1) (pour 1000 existantes) ne sont respectivement que de 9,2 et 28,2 ; contre 13,3 et 44,5 en moyenne dans les agglomérations françaises de même taille. Cette situation ne doit pourtant rien à la fatalité. Des choix stratégiques dépassés Alors que l’enclavement de l’agglomération empêche l’arrivée de toute nouvelle entreprise nécessitant une logistique importante et pousse au départ celles déjà implantées, aucune action politique d’envergure n’a été menée pour soutenir le tissu entrepreneurial. Les douloureux exemples de Facom, Philips, Gates, Euro auto hose… ont apporté la preuve qu’aujourd’hui, compter sur des usines filiales de multinationales, dont l’activité est totalement délocalisable, pour maintenir l’emploi est une logique totalement dépassée. A l’heure actuelle, les régions en pointe dans le développement économique et la création d’emplois sont celles qui ont su miser sur l’innovation en attirant et soutenant massivement les PME. Dynamiques, dotées d’un ancrage local fort, ces entreprises sont par leurs structures peu sujettes au risque de délocalisation et constituent un moteur pour le développement économique local. C’est naturellement vers elles que doit être principalement orientée l’action publique en matière économique. Or, comment persuader de nouveaux entrepreneurs de s’établir ici lorsque Nevers est classée 31e sur 38 au palmarès 2006 de l’attractivité (pour les entreprises) des agglomérations françaises de 70 00 à 100 000 habitants, publié par le magazine L’Entreprise ? Il est donc urgent pour Nevers de se doter d’un plan de mise à niveau pour créer les conditions nécessaires à l’accueil et à l’épanouissement des PME. La fiscalité contre la compétitivité Afin de compenser l’enclavement de l’agglomération neversoise et la rendre ainsi compétitive, la première mesure devant être adoptée est l’allégement de la taxe professionnelle. Impôt local le plus coûteux et démotivant pour l’entreprise, il est calculé uniquement sur la valeur des facteurs de production dont elle dispose (sans tenir compte de la rentabilité), ce qui signifie que tout nouvel investissement se traduit par une augmentation des prélèvements fiscaux (l’industrie, qui nécessite d’importants outils de production, est la plus sévèrement touchée par la taxe professionnelle). Or, sans nouveaux investissements, il ne peut y avoir de développement économique. Malgré cela, la communauté de commune « Agglomération de Nevers » (ADN) affiche un taux de taxe professionnelle de 15,32% (16,85% pour Nevers même), qui l’empêche de se démarquer des autres villes de sa catégorie alors qu’elles sont généralement équipées de meilleures infrastructures. A titre de comparaison locale, ces taux sont respectivement de 9,99% et 7,02% à Marzy et Saint Éloi (communes hors ADN) et de 12,32% à Cosne-sur-Loire. Comment justifier de tels écarts ? Il y a vraiment de quoi être sceptique… 1. La notion d’entreprise exclut ici les entreprises individuelles, professions libérales, commerçants et artisans.
► Progressivement, Nevers se vide... La population neversoise connaît une diminution régulière depuis un quart de siècle (1). Durant la dernière décennie (1990-1999), le solde migratoire nerversois fut de - 2 115 habitants, ce qui témoigne du cruel manque d’attractivité de la ville. A ce jour, nous ne voyons aucun signal permettant d’envisager une amélioration. Au contraire, cette absence d’attrait est confirmée par une l’étude portant sur les prix de l’immobilier dans 100 principales villes de France, publiée le 19/10/06 par Le Point. Dans ce classement Nevers termine… centième, en dernière position ! S’il s’agit d’un bonne surprise pour les acheteurs (et d’une mauvaise pour les vendeurs et propriétaires) cela est surtout la preuve d’une faible demande, traduisant un désamour profond pour la ville. Les raisons à ce dramatique état de fait sont nombreuses. S’il y a d’une part les difficultés économiques du Nivernais, cela ne peut suffire à expliquer ce désintérêt pour Nevers car un nombre important de personnes la quittant le font pour les villes environnantes. Il existe donc bien un véritable problème neversois, indépendamment des difficultés régionales. L’on peut identifier 4 causes principales : Le poids écrasant de la fiscalité, la mort lente du centre ville et du petit commerce, l’insuffisance des formations universitaires doublés de la morosité du tissu entrepreneurial et l’explosion de l’insécurité dans les quartiers Une fiscalité prohibitive Pour vivre à Nevers, il vaut mieux disposer d’un solide sens de l’humour… Ainsi, alors que les Neversois ne cessent de se plaindre de la fiscalité, le Sénateur-Maire M Boulaud se félicite (dans une interview donné à Nevers ça me botte en décembre 2006) d’avoir dans le budget 2007 « une fois encore » maintenu les impôts « en l’état », marquant ainsi « dix ans de pause fiscale. » L’on se demande, il est vrai, comment il serait possible pour la majorité socialiste d’augmenter plus encore les impôts sans risquer l’insurrection électorale en 2008. Les chiffres du Ministère des Finances se passent de commentaire : Nevers est en tête dans pour chacun des impôts locaux touchant les particuliers. Le taux de la taxe d’habitation y est de 20,72 – soit près du triple de la moyenne départementale qui est de 7,42 ! Parmi les villes voisines, la plus taxée (Coulanges) est distancée de 5 points avec un taux de 15,34. Pour comparaison, ces taux sont respectivement de 12,27, 9,57 et 12,60 à Cosne-sur-Loire, Varennes-Vauzelles et Decize, deuxième, troisième et quatrième villes du département. Sur le plan de la taxe foncière, le constat est le même. Le taux pour le foncier bâti est de 28,18 à Nevers contre 9,38 en moyenne dans la Nièvre. Ce même taux est de 19,69 à Cosne-sur-Loire, 14,34 à Varennes-Vauzelles et 16,01 à Decize. Pour le foncier non bâti, le taux neversois est de 95,64 contre 86,46 à Cosne-sur-Loire, 62,51 à Varennes-Vauzelles et 44,10 à Decize ; le tout pour une moyenne départementale de 30,81. Mort lente du centre ville et des commerces Si à Nevers il est particulièrement pénible de s’acquitter de ses impôts, il l’est parfois encore plus d’observer l’usage qu’il en est fait. Passons sur le niveau surréaliste des subventions versées aux associations, presque deux fois supérieur à la moyenne nationale (2) pour nous intéresser aux travaux d’urbanisme. Suivant l’exemple – passant aujourd’hui pour un échec retentissant – d’aménagement de la circulation automobile mis en place par M Delanoë à Paris, la majorité municipale semble décidée à rendre impossible la vie des automobilistes. Grace au rétrécissement incompréhensible des grands axes de circulation irrigant la ville, les embouteillages atteignent aux heures de pointe un niveau historique, poussant toujours plus d’automobiliste à emprunter des itinéraires parallèles beaucoup plus dangereux et accidentogènes. Mais s’il relève maintenant du parcours du combattant de circuler à Nevers, accéder au centre ville et s’y déplacer est pire encore, compte tenu de la multiplication des sens uniques et des priorités à droite. Cela sans même évoquer la question du stationnement, aussi difficile que ruineux. La conséquence logique de cette politique ubuesque est la baisse de fréquentation des boutiques du centre-ville, délaissées au profit des centres commerciaux plus faciles d’accès. En difficulté, les commerçants n’ont parfois d’autre choix que de fermer boutique, avec chaque fois à la clef des licenciements mais aussi une perte de ressources pour ville. La valse des enseignes est continue et de nombreux emplacements restent inoccupés. Souvent à l’abandon, sales ou dégradés, ils donnent de Nevers l’image peu flatteuse d’une ville mal entretenue et moribonde. Si l’on ajoute à cela une mendicité qui génère souvent des nuisances ainsi qu’un sentiment d’insécurité, l’on peu s’interroger sur l’image qu’offre la ville aux touristes ? Au-delà tissu économique, c’est l’image de Nevers qui est en péril. Formations universitaires trop rares Le manque de formations universitaires proposées à Nevers est un handicap majeur pour la ville, et l’ensemble du département, car il oblige souvent nos jeunes au départ dès le baccalauréat obtenu. Or, nous savons que dans de nombreux cas ce départ est définitif et constitue une perte de force vive pour l’économie locale déjà mal en point. Une conséquence de ce manque est la difficulté pour les entreprises locales de recruter certains profils professionnels (cadres notamment). Un handicap peu encourageant pour les entreprises qui souhaiteraient s’implanter, et qui, du reste, y sont déjà peu incitées par les politiques économique locales (voir article p 6). Sentiment d’insécurité et explosion des violences dans les quartiers Publié le 24 septembre dernier par Le Figaro, le palmarès 2005 de la délinquance est peu flatteur pour la ville de Nevers. Avec un taux de criminalité (crimes et délits pour 1000 habitants) de 96,51‰, la ville se situe bien au dessus de la moyenne nationale qui est 83‰, de la moyenne des agglomérations bourguignonnes (74,57‰) et de la moyenne départementale (42,12‰). En 2005, 4160 crimes et délits ont été constatés dans la cité ducale (3). Si en 2006 ce nombre devrait être légèrement inférieur, deux éléments très inquiétants ont été relevés par le Préfet de la Nièvre (4). Le premier est l’existence d’une très forte délinquance des mineurs : 21 % des personnes mises en cause sur l’ensemble de la délinquance (et pas seulement sur la délinquance de voie publique) ont moins de 18 ans. Le second, qui découle en partie du premier, est l’explosion des violences urbaines (agressions contre les personnes, incendies de voitures, de poubelles...) qui rend insupportable la vie quotidienne de nombre de Neversois habitant dans les quartiers. Entre janvier et août 2006, par rapport à janvier et août 2005, les violences urbaines ont quadruplé : 402% d’augmentation ! Cette situation est inadmissible et devrait appeler des actes forts pour débarrasser les quartiers sensibles des foyers délinquance qu’ils abritent. La puissance publique a le devoir de garantir la sécurité et la liberté de circuler à chaque citoyen, à toute heure du jour et de la nuit. Malheureusement, force est de constatée que dès la nuit tombée, circuler en sécurité dans certains quartier est impossible.
1. -11,11% entre 1975 et 1999, date du dernier recensement. 2. Nevers ça me botte – décembre 2006. 3. Source : Préfecture de la Nièvre. 4. Séance plénière du Conseil général, 22/09/06.
► Gaspillages à l’ADN... C’est à se demander si la communauté de communes de l’Agglomération de Nevers (ADN), présidée par M Boulaud, ne sait que faire de l’argent qu’elle collecte auprès des contribuables… En effet, l’année 2007 sera marquée par deux projets dont l’intérêt économique nous laisse dubitatif. Premièrement, 4 millions d’Euros TTC vont être investis dans un projet démesuré d’extension du siège de l’ADN, situé route de Marzy et prétendument trop exigu. Cela consistera en la construction d’un amphithéâtre de 180 places, un salon de réception pour 120 personnes, 1700 m² de bureaux, des salles de réunions et des bureaux réservés aux élus ! Quel intérêt y a-t-il a construire des équipements, tels qu’un amphithéâtre et un salon de réception, à l’usage occasionnel, alors que ceux-ci existent déjà sur le territoire des communes membres de l’ADN ? Quant aux élus, ils disposent généralement déjà de bureaux dans leurs mairies d’élection… Le deuxième grand projet concerne la « requalification » de 2 zones industrielles. Il s’agit des ZA de Nevers Est et Varennes-Vauzelles/Garchizy. D’un coût hors taxes de 3,8 millions d’euros, ce projet consiste essentiellement en l’amélioration de l’esthétique des sites concernés (installation d’un chemin et d’une piste cyclable le long du canal de déviation de la Nièvre à Nevers, par exemple). Alors qu’en toute logique, l’on commence par l’essentiel pour finir par l’accessoire, il semblerait que l’on préfère procéder inversement à Nevers. N’y aurait-il donc rien de plus urgent à entreprendre pour reconstruire l’attractivité de l’agglomération neversoise que d’aménager les espaces verts situés dans les ZA ? Deux nouvelles décisions qui nous laissent donc plus que sceptiques quant à la gestion et aux choix « stratégiques » de l’ADN. |