« Pourquoi une Constitution ? Pour réussir
l’élargissement »
Jacques CHIRAC
La Constitution européenne est une
porte ouverte à un élargissement sans limites de l’Union. Ainsi nous
accueillerons prochainement la Roumanie et la Bulgarie, et déjà d’autres
pays font entendre leur souhait d’adhérer. Mais surtout, ce texte permet
l’adhésion de pays incontestablement non européens tant par leur géographie
que leur histoire et leur fondements culturels. Le premier d’entre eux sera
la Turquie.
Pour encourager ces adhésions, la
Constitution met en avant trois nouvelles règles :
- la représentation des États au
sein des institutions est modifiée et la prépondérance des pays fondateurs
est abandonnée au profit des pays les plus peuplés (dans 20 ans la
Turquie comptera 100 millions d’habitants) ;
- pour satisfaire aux exigences
des futurs adhérents orientaux aucune référence n’est faite aux racines
chrétiennes de l’Europe, reniant ainsi notre héritage ;
- enfin, la Constitution introduit
un article phare (Art. II-70) sur le plan de la vie sociale garantissant «
la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou
collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les
pratiques et l'accomplissement des rites. » Il faut savoir qu’en Turquie la
laïcité imposée par l’armée dans les institutions publiques est aujourd’hui
battue en brèche par le parti islamiste (AKP) de Monsieur Erdogan. Il est
évident que nous ne pourrons plus interdire le port de signes religieux dans
nos administrations et c’est notre dernière loi sur la laïcité qui volera en
éclat.
Il parait irréaliste de refuser en
2015, après 10 ans de négociation, l’entrée de la Turquie dans l’Union
européenne du fait des tensions diplomatiques extrêmes qui résulteraient de
ce choix. C’est pourquoi nous nous devons de faire preuve d’une très grande
prudence quant à l’avenir de l’Europe. Refuser la Constitution actuelle,
c’est refuser d’abandonner à la Turquie les clefs du pouvoir d’ici 15 ans.
Il est temps d’exiger des textes respectant nos peuples et nos racines, et
de se contenter de partenariats privilégiés avec les pays de culture et de
traditions non européennes. Le NON, c’est se donner la possibilité de
redéfinir clairement le périmètre de l’Union Européenne et de stopper les
actuelles dérives.
Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France