Archives tribunes 2005

 

Le cheval de Troie d'Ankara.. - 02/03/05

 Une Constitution taillée sur mesure pour la Turquie

« Pourquoi une Constitution ? Pour réussir l’élargissement »  

Jacques CHIRAC

La Constitution européenne est une porte ouverte à un élargissement sans limites de l’Union. Ainsi nous accueillerons prochainement la Roumanie et la Bulgarie, et déjà d’autres pays font entendre leur souhait d’adhérer. Mais surtout, ce texte permet l’adhésion de pays incontestablement non européens tant par leur géographie que leur histoire et leur fondements culturels. Le premier d’entre eux sera la Turquie.

Pour encourager ces adhésions, la Constitution met en avant trois nouvelles règles :

- la représentation des États au sein des institutions est modifiée et la prépondérance des pays fondateurs est abandonnée au profit des pays les plus peuplés (dans 20 ans la Turquie comptera 100 millions d’habitants) ;

- pour satisfaire aux exigences des futurs adhérents orientaux aucune référence n’est faite aux racines chrétiennes de l’Europe, reniant ainsi notre héritage ;

- enfin, la Constitution introduit un article phare (Art. II-70) sur le plan de la vie sociale garantissant « la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites. » Il faut savoir qu’en Turquie la laïcité imposée par l’armée dans les institutions publiques est aujourd’hui battue en brèche par le parti islamiste (AKP) de Monsieur Erdogan. Il est évident que nous ne pourrons plus interdire le port de signes religieux dans nos administrations et c’est notre dernière loi sur la laïcité qui volera en éclat.

Il parait irréaliste de refuser en 2015, après 10 ans de négociation, l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne du fait des tensions diplomatiques extrêmes qui résulteraient de ce choix. C’est pourquoi nous nous devons de faire preuve d’une très grande prudence quant à l’avenir de l’Europe. Refuser la Constitution actuelle, c’est refuser d’abandonner à la Turquie les clefs du pouvoir d’ici 15 ans. Il est temps d’exiger des textes respectant nos peuples et nos racines, et de se contenter de partenariats privilégiés avec les pays de culture et de traditions non européennes. Le NON, c’est se donner la possibilité de redéfinir clairement le périmètre de l’Union Européenne et de stopper les actuelles dérives.
 

Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France
 

 

Revenir au sommaire des tribunes