Alors que 60% des français y
sont opposés (sondage Ifop pour Valeurs Actuelles, 30/09/05) et malgré le
message explicite du 29 mai dernier, le gouvernement a choisi d'ignorer une
nouvelle fois la volonté populaire en acceptant – et en encourageant -
l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie.
Si après le référendum, Dominique de
Villepin semblait avoir pris la mesure de la colère des français en faisant
évoluer son discours vers plus de réserve quant à l'adhésion turque - notamment
en posant comme conditions préalables la reconnaissance du génocide Arménien et
de Chypre par Ankara, ce qui parait être la moindre des choses - il a vite
renoué avec ses précédentes convictions, sous la pression de Bruxelles et de
Jacques Chirac.
Cette attitude marque une soumission
complète aux politiques européennes et la perte évidente de notre souveraineté.
Plus grave encore, le Président de la République vient de donner un nouveau
signe de la rupture entre instances dirigeantes et citoyens. Discréditer ainsi
la classe politique au moment même où les Français ont besoin de reprendre
confiance et d’espérer, c’est inadmissible et indigne.
Au delà de l'attitude d’une partie de
nos élites qui bradent notre pays, c'est le comportement de l'ensemble de
l’establishment européen qui est scandaleux. En effet, de quelle légitimité
dispose t’il pour précipiter l'Europe dans l’impasse Turque, alors que seulement
35 % des européens y sont favorables tandis que 52% y sont opposés ?1 Au sein de
l'Europe des quinze cette proportion grimpe même à 55%.
La plus forte hostilité s’observe en
Autriche (80%) qui a failli basculer aux mains des Turcs lors du siège de Vienne
par les Ottomans, ainsi qu’à Chypre confrontée à l’occupation du Nord de son
territoire par la Turquie depuis 1975.
Au final les Turcs ne recueillent une
majorité absolue de soutiens que parmi trois opinions nationales : les Polonais
(54%), les Slovènes (53%) et les Suédois (50%).
Les NON français et hollandais du printemps sont restés lettre morte, minimisés
ou ignorés volontairement.
Face à cette trahison, l’élection
présidentielle de 2007 se présente donc comme le véritable deuxième tour du
référendum. Le prochain Président de la République devra avoir le courage
d’exiger de Bruxelles la suspension immédiate des négociations d’adhésion. Il
devra demander aux institutions communautaires de choisir entre la France dans
l’Union européenne et la Turquie à côté, ou l’inverse. Ce courage, c’est
l’essence même de l’action de Philippe de Villiers et de notre mouvement.
Quant à la perspective, mise en avant
par le gouvernement, d’un référendum en fin de négociation, laissant le dernier
mot aux Français, elle est tous simplement aberrante. C’est une manipulation des
plus grossières, orchestrée par Jacques Chirac. C’est immédiatement qu’il faut
opter pour une formule de partenariat. En effet, comment pourrait-on annoncer à
un pays sur le point d’entrer dans l’Union, après dix ans de négociations et de
compromis, que tout s’arrête brutalement ? Cela est diplomatiquement
inenvisageable et engendrerait une crise sans précédent. Sans oublier la somme
faramineuse des crédits de pré-adhésion versés par les contribuables européens
en pure perte !
______________________
1 - (étude Eurobaromètre [organisme dépendant de la commission
européenne] réalisée l'été dernier auprès de 30000 personnes dans les 25 pays de
l'UE)
Gabriel RICHERT
Secrétaire
départemental de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France