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Guérilla des banlieues - 10/11/05

 L’inquiétant développement des zones de non droit

Parue le 10/11/05 dans Le Régional de Cosne

Ces derniers jours ont une nouvelle fois mis en évidence l’état préoccupant d’une France incapable d’assurer la sécurité, l’ordre et la justice sur son territoire. Il nous est aujourd’hui impossible de rester silencieux face à la fracture culturelle et sociale et au déferlement de la violence qui minent notre pays.

Cette déliquescence, nous la devons à plus de vingt ans de politiques laxistes, de clientélisme et désormais à un encouragement immodéré des « communautarismes ».

Comment se fait-il que le 27 octobre à Epinay-sur-Seine, un homme ait été battu à mort en pleine après-midi pour s’être opposé au vol de son appareil photo ? Étranger au quartier, dit « sensible », il fut roué de coups sous les yeux de sa femme et de sa fille sans que personne n’intervienne.

Comment se fait-il que Clichy-sous-bois, et maintenant toute la banlieue parisienne, soit devenu le théâtre de scènes de guérilla civile depuis que deux adolescents se sont tués dans un transformateur EDF le 27 octobre ? Cet accident est devenu le prétexte à une flambée de violence gratuite et sans fondements.

Comment se fait-il que malgré, la présence de caméras et de témoins, seuls quelques voyous soient présentés à la justice ? Des milliers de citoyens sont privés de leurs véhicules incendiés. Des écoles, des gymnases, des magasins et des entreprises brûlent mettant au chômage nombre de salariés. Des policiers sont agressés par balle. Les symboles de la République sont pris pour cibles et vandalisés. En dépit de la gravité des actes aucune mesure sérieuse n’est adoptée. L’on préfère tempérer, parlementer et négocier un apaisement.

Mais au delà des faits eux-mêmes, le plus choquant est la différence de traitement politique et médiatique faite entre les événements tragiques de Clichy et d’Épinay. Pour le premier, les deux jeunes décédés en pénétrant dans une propriété privée et clôturée d’EDF en voulant, semble t’il, échapper à un contrôle de police, font la une des journaux. Nos élus socialistes marquent ces décès par le dépôt de gerbes et leur présence lors d’une marche silencieuse. Le Premier Ministre et le Ministre de l’intérieur reçoivent les familles. A Épinay rien de comparable n’a eu lieu en hommage au photographe amateur lâchement assassiné sur la voie publique.

C’est l’indignation et le dégoût qui prévalent lorsque l’on constate de telles dérives. Il est temps d’être lucide face à l’impuissance de Nicolas Sarkozy, qui depuis 2002 promet devant tous les medias, à grand renfort de mots chocs, que la France ne connaîtra plus la violence. Il est temps de dénoncer l’angélisme des discours gauchisants qui incitent les voyous à un chantage permanent. L’on ne peut, sous couvert de paix sociale, et au détriment de nombre de citoyens méritants, accorder inlassablement des excuses et un pardon sans mesure à une délinquance marginale, qui veut dicter ses propres lois et détruit l’économie locale

L’État de droit doit être rétabli. Il faut faire preuve, dans les actes, d’une fermeté assumée en posant des limites claires et les rendre inviolables en adaptant notre dispositif législatif et judiciaire. Mais au-delà de ces mesures immédiates et de l’assistance nécessaire aux zones en difficulté - notamment par un plan en faveur des entreprises et de l’emploi privé - c’est la question de la cohésion sociale qui doit être posée. Les réponses apportées par une partie de la gauche, comme par le gouvernement, ne sont pas à la hauteur du défi à relever.

En affichant ainsi son impuissance, l’État risque de céder sa place à une autogestion communautariste et religieuse des banlieues, élargissant encore les territoires perdus de la République. C’est ce qui se passe déjà à Clichy, où l’on a vu des « grands frères » lancer des appels au calme au cri « d’Allah Akbar ! », puis demander et obtenir le retrait de la police.

Le développement du communautarisme et du multiculturalisme proposé par certains a prouvé dans d’autres pays les risques dont ces idéologies sont porteuses. En fragmentant la société, elles en détruisent les fondements. C’est pourquoi nous refusons leur application en France, au même titre que le principe de discrimination positive qui en découle. Nous condamnons fermement toute remise en cause de la loi de 1905 sur la laïcité, telle que les aides financières publiques à la construction de mosquées proposées par Nicolas Sarkozy.

Nous croyons aux valeurs républicaines, garantes de l’unité du pays, nous refusons la fatalité des hommes politiques prônant jour après jour la dissolution des bases de notre société et l’émergence de droits spécifiques à certaines communautés ou citoyens. Ce sont en germes les débordements et les affrontements de demain. La société française repose sur une culture et une histoire fondée par des siècles de travail, de combats et de réflexions. Appartenir à celle-ci nécessite d’intégrer ses fondements et d’accepter les droits, mais aussi les devoirs qui la régissent.


Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France

 

 

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