Rumeurs, contrevérités, il
semblerait que la réussite d'EADS et de l'Airbus A380, soit due à l'Union
européenne. Quel mensonge ! EADS est une société issue d’une volonté commune
à quelques États et industriels de réunir leur savoir-faire pour créer un
contrepoids aux géants américains, dont Boeing. Ses programmes associent,
selon les fabrications, différents pays (la France participe au programme
militaire Airbus A400M mais pas à Eurofighter, avion concurrent des Rafales
Dassault). EADS, succès incontesté, est la preuve qu'une coopération
inter-étatique est réalisable, sans Constitution.
Cette volonté d'associer librement
nos forces se retrouve dans différents domaines : espace (Ariane), lutte
anti-terroriste (Europol), recherche (projet ITER), etc. Ce principe de
coopération libre et choisie, entre États souverains mettant leurs talents
en commun, permet de créer efficacement et rapidement les outils dont nous
avons besoin. C’est l’Europe des Nations. Or, à l’opposé de l’Europe du
passé - centraliste et uniformisatrice - promue par le projet de
Constitution, cette conception dérange. Laissant aux peuples européens la
liberté de décider de leur avenir, elle exaspère les technocrates de
Bruxelles. Las de composer, ils souhaiteraient imposer leur autorité, sous
couvert de démocratie.
Alors, pour nous leurrer, on nous
promet un droit de pétition en cas de désaccord avec les politiques
engagées. Encore que cette supplique, non contraignante, devra réunir plus
d’un million de citoyens issus d'un nombre significatif de pays pour
parvenir à la Commission européenne… Quant au renforcement du rôle du
Parlement européen, il est lui aussi dérisoire, l'initiative législative
restant acquise à la Commission. Voici donc de quoi garantir les pleins
pouvoirs à un nombre très restreint de décideurs européens. Il s'agit bien
d'une mainmise sur les peuples et non pas de démocratie ou de respect de nos
spécificités, car rien ne garantit, par exemple, notre loi sur la laïcité.
Seule la Cour européenne de justice sera habilitée à en décider. Ce qui est
plutôt inquiétant puisque la Turquie adhèrera à l'Union.
Enfin, cette démocratie et ce
souci des citoyens tant mis en avant par les partisans du OUI au Traité
constitutionnel, où sont-ils ? Quelle place dans les grands médias a été
accordée aux tenants du NON durant ces dernières semaines ? Presque aucune.
Occultés aussi le chômage, la stagnation du niveau de vie ou les
délocalisations, car cette Constitution d'esprit « libre-échangiste »
n'apportera aucune réponse à ces problèmes.
Le 29 mai vous êtes appelé à
voter. Il s'agit de la seule et unique occasion de vous exprimer. Voter NON,
c'est se donner le pouvoir d'exiger un autre Traité et de choisir notre
avenir ; ce sera aussi redonner à la France son rôle de précurseur en
Europe.
Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France