La
grave crise que traverse l’agglomération marseillaise depuis maintenant
plusieurs mois n’est qu’un concentré d’une situation ubuesque qui touche notre
pays. Alors que l’économie française se trouve déjà dans une situation
préoccupante et nécessite l’engagement de tous pour sa relance, le comportement
d’un certain nombre de syndicalistes est intolérable. Sous des prétextes
politiques archaïques, ils mettent chaque jour un peu plus en difficulté
l’ensemble des Français.
S’il est vrai que la grève est un droit nécessaire à
la dénonciation de certaines situations d’injustice, elle est devenue pour bon
nombre de sections syndicales, particulièrement dans la fonction publique,
l’outil d’un immobilisme égoïste. Plutôt que de défendre l’emploi et le service
public comme ils le revendiquent, ils ne font que mettre l’économie un peu plus
en difficulté et prennent les citoyens en otages.
Agglomération à part du fait de sa vie politique
atypique, étroitement liée au syndicalisme et cultivant l’art du clientélisme,
Marseille est bien loin du statut de métropole euro-méditerranéenne qui devrait
être le sien. « Marseille, laboratoire du déclin français », proclamait à la Une
le Nouvel économiste du 10 novembre 2005 ! « Ses acteurs syndicaux ont confondu
pouvoir absolue avec le rôle naturel et légitime de contre-pouvoir » relevait
son éditorialiste, Henri J. Nijdam, dénonçant l’attitude des élus qui « depuis
plus de 50 ans […] n’ont pas pu, pas su, pas voulu placer l’économie et la
création de richesse au centre de leurs préoccupations ».
Depuis cet automne, les grèves interminables de la
SNCM, du port autonome et maintenant de la Régie des transports marseillais (RTM)
ont plongé la région dans une situation dramatique. Et tout ça pour quoi ?
Aujourd’hui nul n’ignore que les premiers responsables du naufrage de la SNCM
sont les syndicats ayant systématiquement récusé toute évolution du statut et de
l’organisation de l’entreprise. Quant aux grévistes de la RTM, ils dénoncent une
privatisation dont il n’a jamais été question alors qu’elle serait pourtant légitime.
En effet, Marseille est la seule grande ville
française, avec la Rochelle et l’agglomération parisienne, à gérer elle-même ses
transports en commun. Partout ailleurs, cela fait longtemps que leur
exploitation a été confiée a des opérateurs privés, via des délégations de
service public aux cahiers des charges draconiens. En permettant à la fois
l’amélioration du service et la réduction des coûts de fonctionnement, notamment
grâce à la concurrence entre les 3 principaux leaders du secteur, elle permet
aux usagers, comme aux collectivités d’y trouver leur compte. Malheureusement la
qualité du service et les impératifs économiques semblent aux antipodes des
préoccupations syndicales Marseillaises.
Les trois conflits successifs de cet automne ont
déjà occasionné un manque à gagner d’environ 35 millions d’euros pour les
entreprises et les commerçants, d’après la Chambre de Commerce et d’Industrie.
Marseille ne cesse de reculer au classement des grands ports européens.
Plusieurs entreprises ont déposé le bilan et de nombreuses autres s’apprêtent à
faire de même. Les conséquences sur l’emploi vont être gravissimes et les
premiers touchés seront les plus pauvres. Que diront les syndicalistes aux
milliers de salariés devenus chômeurs par leur faute ?
Comme d’habitude, dans un premier temps ils
obtiendront le renforcement de leurs privilèges outranciers. Puis, feignant
d’ignorer la réalité profonde des choses, ils se poseront en victime du
libéralisme, appelleront à de nouvelles mobilisations… et dans quelques mois
tout recommencera !
Gabriel Richert
Secrétaire général de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France