Négociations UE/Turquie
- 14/12/04
Une
approche raisonnée du problème turc
Le 17 décembre 2004 les Chefs d’Etats des 25 Nations européennes se
réuniront afin de donner leur accord, ainsi qu’une date pour lancer le
processus de négociation d’entrée de la Turquie au sein de
l’Union Européenne.
Cet
accord n’est pas un simple préalable sur lequel nous pourrons
revenir et dont nous pourrons nous désengager. Le financement de
la pré-adhésion de la Turquie, inscrit au budget 2005 pour un
montant de 43 millions d’euros, n’est certainement pas accordé
sans arrière-pensée. Il est choquant de vouloir nous faire
croire que les Français serons partis prenante à la décision de
l’entrée de la Turquie au sein de l’Union Européenne. L’entrée
de ce nouveau membre n’a pas fait l’objet d’un débat et d’un
consensus entre le peuple et ses dirigeants. L’enjeu est
toutefois d’une importance capitale et engage les générations
futures.
Un simple rappel des
réalités devrait toutefois nous mettre en garde sur l’erreur qui
est en train d’être commise, car il y a une absence de cohérence
avec l’idéal européen que nous devions bâtir. L’unité
territoriale est remise en cause car seul 5% du territoire turc
est situé sur le continent européen. La laïcité de l’Europe
semble compromise puisque en Turquie la séparation entre pouvoir
et religion reste mince (le parti gouvernant est aujourd’hui
islamiste). L’égalité homme/femme est loin d’être acquise : des
femmes sont régulièrement violentées, bafouée (mariages forcés,
crimes d’honneur, …). La torture des opposants reste couramment
pratiquée... . Enfin, nous ne pourrions accepter un pays qui ne
reconnaît pas Chypre (membre de l’EU) et nie le génocide
arménien.
Choc des cultures,
choc économique, immigration incontrôlable car réalisée au sein
de l’espace européen : voilà le triste tableau qui attend
l’Europe d’ici quelques années ! Il est dès lors préférable
d’ouvrir la voie à des accords privilégiés de coopération
économique, scientifique… sur lesquels nous aurions un vrai
droit de regard, plutôt que de réaliser à tout prix l’entrée de
la Turquie dans l’Europe.
Enfin, je souhaite
vous rappeler que la Turquie, dans l’Union Européenne, aura la
plus forte représentation au sein du parlement et la
Constitution lui permettra, de fait, de tenir une place de choix
dans toute décision. Lorsque vous voterez dans les prochains
mois, pensez aussi l’avenir et à la l’importance que vous
souhaitez donner à la France !
Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la
France