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Immigration -
19/03/06
Les rapports qui confirment les analyses du MPF
Le 17 mars dernier fut
une journée pénible pour les tenants de la police de la pensée… En effet, deux
rapports distincts et violement critiques vis-à-vis de la politique migratoire
française ont été révélés ce jour.
Le premier, révélé par le
Monde, est particulièrement explicite. Il s’agit des premières conclusions
du rapport d’étape de la mission d'évaluation des « capacités d'accueil de la
France et ses besoins », confiée à Richard Castera par le Ministère de
l’Intérieur en septembre 2005. Le constat est implacable : « La France n'a
plus, dans l'état actuel de son économie, les moyens d'accueillir des
immigrants ».
Pour M. Castera, notre pays
« n'a d'autres choix que de réduire […] le flux des personnes entrant sur son
territoire », sous peine de s’exposer à de « nouvelles explosions comme
celle qu'elle a connue en novembre dans les banlieues ». Et le Monde de
commenter « Pour M. Castera, la France doit prendre acte du fait que ses
capacités d'accueil ne lui permettent pas d'intégrer dans de bonnes conditions
le flux migratoire qu'elle admet chaque année - plus de 160 000 personnes en
2004 selon ses estimations. Et elle doit faire des choix pour réduire ce flux.
[…] C'est en particulier dans le domaine du logement, mais plus encore en
matière d'emploi, que l'intégration pose problème […] le secteur privé, le seul
qui leur soit accessible, ne génère pas suffisamment d'emplois pour satisfaire
les demandes : en 2004, il enregistrait 86 000 créations nettes. »
Conclusion de l’auteur
« Les capacités d'accueil des populations immigrées sont donc totalement
saturées. Et les premières victimes de cette réalité sont les étrangers »
Le deuxième rapport, intitulé «
besoins de main-d’œuvre et politique migratoire» provient du Centre d'analyse
stratégique (CAS), ex-commissariat général au Plan. Le CAS y fait part de ses
réserves quant à l’afflux massif de travailleurs immigrés. « Qu'il s'agisse de
sa population totale ou de sa population active, la France ne connaîtra pas, à
l'horizon 2015, à la différence d'autres pays européens, de problème
démographique global qui justifierait un recours massif à l'immigration. ».
Si le texte relève que quelques
branches, telles que le bâtiment, la mécanique, l’hôtellerie restauration, ou le
secteur hospitalier et para-hospitalier, pâtissent d'un carence d'emplois
moyennement qualifiés, le recours à l'immigration ne serait qu’une «solution
transitoire». Il convient donc d’être très prudent à ce sujet et de rester
ferme sur une politique d’immigration tarie afin de ne pas payer très cher
demain le choix de la facilité immédiate.
Sur ce point, Richard Castera
rejette d’ailleurs vivement l'idée de faire appel à l'immigration pour compenser
les carences de main-d'œuvre, considérant que « le chômage et le sous-emploi,
ainsi que la faiblesse du taux d'activité de certaines catégories de personnes
(seniors, femmes, jeunes), offrent des gisements considérables de
main-d'oeuvre. » Selon ses conclusions, « des politiques actives d'emploi et de
formation professionnelle peuvent permettre d'ajuster offre et demande si des
besoins sectoriels ou spécialisés se font sentir. Si des emplois sont à
pourvoir, la priorité doit être impérativement accordée à réduire le chômage, et
notamment celui des immigrés déjà présents en France ».
Commentant le rapport du CAS
dans son édition du 18 mars, le Figaro relève également qu’à « partir de 2015,
le vieillissement de la population provoquera des tensions en matière de
recrutement. Mais ce ne sont pas les métiers employant aujourd'hui une forte
proportion d'étrangers qui vont croître le plus ». Et de souligner qu’en 2005,
« l'immigration de travail n'a concerné que 11 000 personnes », soit 7% des flux
migratoires.
L’immigration choisie défendue par Sarkozy sérieusement critiquée...
En plus d’apporter à nouveau la
preuve de l’imposture que constituent les prises de position des partisans d’une
immigration massive, ces deux rapports constituent un cruel désaveu pour Nicolas
Sarkozy et sa fameuse politique d’immigration choisie, que nous rejetons
fermement.
En effet, pour M. Castera,
« l'immigration "choisie" ne se substituera pas à l'immigration "subie", elle
risque au contraire de créer une vague supplémentaire d'entrée d'immigrés qui ne
seront pas à l'abri du chômage ». CQFD. L’on comprend pourquoi la Place Beauvau
tient à maintenir le rapport dans la confidentialité…
L’immigration choisie, forme de
traite des cerveaux déguisés pour les pays en développement, constitue une
erreur majeure d’analyse des problèmes du pays. De plus, elle occulte
complètement la véritable question qui devrait préoccuper nos élus :
l’hémorragie des cerveaux Français.
Aujourd’hui ce n’est pas
d’attirer de nouveaux cerveaux dont nous avons réellement besoin mais de
retenir les nôtres. Notre pays doit impérativement se réformer pour redevenir
attractif et ainsi conserver ses diplômés qui vont aujourd’hui travailler à
l’étranger, loin der nos pesanteurs administratives et fiscales. L’émigration
forcée est déjà une réalité pour nombre de nos compatriotes ! Quand la
démagogie laissera t’elle la place au réalisme pour qu’enfin l’on s’attaques aux
vrais problèmes ?