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"Une nouvelle ère
pour l’Europe"
Dans
d’une
interview
donnée au journal Métro, le Premier ministre a plaidé pour le "oui"
au projet de Constitution européenne. La veille, la
Commission européenne a recommandé l’ouverture de négociations avec
la Turquie en vue de sa future adhésion.
"Oui" à la Constitution européenne
Le Premier ministre s’est clairement
engagé en faveur du "oui par urgence" au projet de
Constitution européenne, arguant entre autres des avancées en
matière d’Europe de la défense et de politique étrangère commune.
Ces avancées, qui marquent le
caractère "irréversible" de
la construction européenne, permettront de défendre la place de
l’Europe dans le jeu international : elle doit peser pour ne pas "subir".
La création d’un poste de ministre
européen des Affaires étrangères va dans ce sens, a souligné le
Premier ministre. Reprenant la vision d’un monde multipolaire
défendue par J. Chirac, il a affirmé que "l’équilibre du monde a
besoin de l’Europe"
Le Premier ministre a aussi défendu le
contenu social de la Constitution, affirmant que "l’Europe
sociale est une ambition qu’il nous faut garder à cœur". Le
texte constitutionnel permet des avancées dans ce domaine, qu’il
s’agisse de l’emploi, de la cohésion sociale ou de la politique
sociale de l’Union.
Il a déclaré en outre que la France ne
serait entendue que si elle avait l’Europe pour relais. Dire "non" à
la Constitution signifierait faire le choix d’une "logique de
repli".
S’opposer au "renoncement"
Sur la question du référendum sur la
Constitution, il a rappelé que le Président de la République restait
"maître constitutionnel".
En réponse à une question sur la
mobilisation des électeurs en cas de référendum, le Premier ministre
s’est encore une fois montré confiant, déclarant qu’il ne craignait
"pas du tout" l’indifférence des Français, qui ont selon lui
compris l’importance de la Constitution et plus largement de la
construction européenne. Les jeunes doivent particulièrement se
mobiliser autour du projet européen, pour contrer un monde "menacé
de renoncement".
Il a exposé ce qui constitue à ses
yeux l’une des conditions d’un succès référendaire : refusant que la
consultation devienne un "plébiscite", il attend de la
campagne qu’elle prenne l’Europe comme véritable sujet, loin des
prises de position partisanes et des "caricatures".
Revenant sur la question de l’entrée
de la Turquie dans l’Union européenne le Premier ministre a demandé
que l’on mette de côté les "démagogies".
Il est nécessaire à ses yeux de ne pas
fermer "pour l’éternité" les portes de l’Union à la Turquie,
même si celle-ci n’est pas en mesure d’y adhérer dans les prochaines
années. L’important est d’adopter à son égard une attitude de
loyauté : "Il ne faut pas désespérer ce pays ni lui mentir".
Il a en outre souhaité que le peuple
français soit associé au débat sur l’adhésion turque, lorsque le
processus proprement institutionnel sera achevé.
Rappelons que la Commission
européenne, par la voix de son président en exercice Romano Prodi, a
recommandé le 6 octobre 2004 l’engagement des négociations
d’adhésion avec la Turquie.
7-10-2004 14 :57
www.premier-ministre.gouv.fr
* C’est nous qui surlignons.