Ne pas confondre démocratie et démagogie... - 21/12/06
Démocratie
participative ?
Il est toujours
riche en enseignements de lire les écrits du Sénateur-Maire de
Nevers, surtout lorsqu’il traite d’un thème aussi fondamental
que la démocratie, aujourd’hui bien malmenée. Ainsi, dans
l’éditorial du journal municipal Nevers ça me botte de
novembre, intitulé « La nouvelle démocratie », M Boulaud
appelle à « faire vivre la démocratie sous des formes
nouvelles, pour que le désir de politique trouve un débouché ».
Un vibrant appel à la « démocratie participative »
emprunt de la pensée de Mme Royal, chantre révolutionnaire du
"désir d’antan".
Et M Boulaud de
dénoncer implacablement « le faible taux de participation aux
élections » et le « nombre important de citoyens
[n’étant] pas représentés par les élus du peuple ». À un
point tel que « certains ont même l’impression de compter
pour rien » ce qui est « une chose terrible dans une
démocratie et totalement inacceptable ».
Bien sûr nous ne
pouvons qu’être en accord avec ce dramatique constat du divorce
existant entre le peuple et ses élites et approuver M Boulaud
lorsqu’il appelle à « rapprocher les citoyens de la
République et rendre la République aux citoyens.» Quel fait,
mieux que le 29 mai 2005, peut illustrer cette urgence ? Ce jour
là, plus de 55% des français ont rejeté la Constitution
Européenne, alors que les députés et sénateurs l’avaient
approuvée à 92% en février 2002, lorsqu’ils étaient réunis en
congrès.
Cette situation
surréaliste à une cause : Le système UMPS, qui verrouille le
Parlement en interdisant l’introduction de la proportionnelle
lors des élections législatives, ce qui pourtant permettrait à
toutes les sensibilités majeures des Français d’être
représentées à l’Assemblée Nationale. Le MPF, avec seulement
deux députés, est l’une des premières victimes de cet
intolérable déni de démocratie. Toutefois, cette dose de
proportionnelle, que nous réclamons ardemment, ne suffirait pas
seule à redonner vie à la démocratie. C’est pourquoi nous
proposons qu’elle soit accompagnée de l’organisation par le
Président de la République de référendums réguliers pour
permettre aux citoyens de décider eux-mêmes des orientations les
plus fondamentales pour l’avenir de notre Nation.
Or, surprise, alors
que pour M Boulaud « les réformes devront avoir un unique
souci [celui de] donner aux Français les moyens d’être ceux qui
décident », pas une trace des deux précédentes propositions.
Le seul changement préconisé est une sorte de reprise de l’idée
Royaliste de « jurys citoyens ». Invention évidemment
totalement démagogique destinée à flatter le peuple à qui l’on
laisse croire qu’il possède encore le pouvoir. Comment croire
qu’avec un tel gadget les citoyens « entreraient dans une
démocratie plus aboutie » ?
De manière plus
générale, la fracture entre le peuple et ses représentants
n’est-elle pas aussi la cause du sectarisme et du manichéisme
idéologique qui anime une trop large part de notre classe
politique ? Nos dirigeants doivent s’astreindre à une pensée
pragmatique, pour savoir reconnaître leurs faiblesses et leurs
échecs mais également ne pas avoir honte de regarder autour
d’eux, afin de s’inspirer de ceux qui ont réussi.
Les belles paroles
sont toujours agréables à écouter mais elles cachent souvent une
toute autre réalité. M Harris, ancien maire-adjoint PS de Nevers
déclarait ainsi, en 2004, dans une « politoscopie » consacrée à
M Boulaud par le magazine Le Point : « Pour lui, le
monde est divisé en deux : l'un, progressiste, est conforme à
ses modèles, l'autre, forcément conservateur, est suspect, voire
indigne de tout intérêt ».
Formulons, en ce début
d’année, le vœu qu’à Nevers aussi puisse éclore le pragmatisme…
en attendant les élections de 2008.