Les propos tenus par les
partisans du OUI à la constitution Européenne, qu’ils soient de gauche ou de
droite, sont inquiétants et décevants. Ainsi, entend on M. Delors parler de
«cataclysme politique», M. Strauss-Kahn comparer les effets d’un NON le 29
mai au « souffle d’une bombe atomique » et M Raffarin évoquer « quelque
chose de très grave » Or, fondés sur la peur, ces propos ne reposent sur
aucun argument objectif. Prenant les Français pour des naïfs, ne réagissant
qu’aux menaces, leurs auteurs dénaturent le dialogue démocratique qui
devrait s’instaurer en France, occultant ainsi le vrai débat, celui portant
sur la teneur même de l’Europe que nous souhaitons.
Non, l’Europe ne sera pas perdue
si vous votez NON à la Constitution Européenne, bien au contraire. Ceci pour
deux raisons essentielles. Tout d’abord cette constitution, en cas
d’adoption, ne serait appliquée qu’en 2009. Entre 2005 et 2009, l’Europe ne
va pas s’effondrer, elle va même s’agrandir. Deuxièmement, l’Europe
continuant à vivre, le NON permettra une remise à plat du fonctionnement de
l’Union et la rédaction d’un nouveau Traité fondateur, unissant les peuples
et les Nations souveraines d’Europe. Par ce nouveau texte, nous donnerons
des contours réalistes à l’Union, et nous pourrons alors renégocier les
partenariats entre l’Europe et ses voisins, dont la Turquie. De plus, nous
mettrons en place des articles qui, cette fois, prendront en compte la
spécificité culturelle, économique, sociale de chacun de nos pays et qui
respecteront notre droit essentiel à choisir notre politique intérieure, et
nos relations extérieures. Nous ne pouvons que souhaiter une Europe qui
grandisse à pas raisonnés et en harmonie avec les citoyens de chaque pays,
et ce n’est pas l’Europe que Jacques Chirac nous propose actuellement.
Enfin, et pour vous rassurer
pleinement, lorsque la France, pays fondateur de l’Europe, dira NON à la
Constitution Européenne, elle sera la première Nation à le faire, avant la
Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la République Tchèque... La France pèsera dès
lors de tout son poids pour apporter sa vision de l’Europe.
En Nièvre, vous qui êtes attachés
à votre terroir, à vos racines, vous savez ce que signifie une Europe qui
gommera votre identité : c’est une Europe espérée par quelques politiciens
prompts à régner sur des étendues toujours plus vastes et oubliant les
peuples qui les composent. Nous ne voulons pas de cette Europe, ni de sa
constitution.
Alexis RICHERT
Président de la fédération Nièvre du Mouvement pour la France